Moto Guzzi Griso 1100
Renaissance
Et ceux qui veulent se démarquer et rouler différemment ne pourront faire l’impasse sur la Griso, sans doute la plus surprenante des Guzzi. Les ingénieurs et les designers ont donné naissance à un croisement curieux. Celui-ci tient de la Guzzi "historique" pour son inamovible V-Twin face à la route apparu en 67 (plus de 40 ans déjà!) et sa transmission à cardan, du roadster crapuleux par son dépouillement et du custom sportif pour ses proportions.
La Griso ne fait guère mentir l'adage qui veut que les bâtards soient plus réussis que les pures races L’esthétique de la Guzzi est bluffante, d’une roue à l’autre. Le train avant ne déparerait pas sur une sportive, avec une fourche inversée nantie de 2 disques flottants pincés par des étriers 4 pistons. Il est surmonté d’un très large guidon, monté sur de jolis pontets évidés. L’éclairage est dévolu à un classique gros phare rond et chromé au verre lisse. Il est surmonté par une première faute de goût: un tableau de bord fonctionnel et bien pensé, qui serait vraiment joli s’il n’était habillé d’un plastique chromé d’un vulgaire consommé.
V-Twin
Pièce maîtresse de la Griso, le monumental V-Twin, icône de la marque, déborde de toutes parts, tant il est mis en valeur par un cadre minima
iste, mais capital pour la ligne de la moto. Avec ses 2 magnifiques tubes d’acier descendant en pente douce de la colonne de direction jusqu’aux platines de repose-pieds, il donne cet aspect bas et élancé qui lui sied si bien. Le moteur exhibe sans pudeur ses généreux cylindres, qui respirent au travers d’énormes coudes d’échappement meublant habilement l’espace laissé libre derrière la roue avant. Les tubes du cadre fendent dans la longueur la carrosserie qui descend doucement vers la selle, belle et confortable à la fois. Les petits logos Guzzi soulignant les grilles d’aération allègent la ligne et se répètent derrière la selle. Le monobras CARC granité supporte une roue montée en 180/55 par 17. Un énorme pot, conique comme un tromblon, vient habiller le flanc gauche. On ne voit que lui, il participe à l’esthétique globale de la machine, mais nous serions tenté de l’expédier vite fait sur une étagère du garage pour lui substituer le magnifique pot Termignoni en inox figurant au catalogue des accessoires. Nul doute que le twin s’exprimera d’une voix plus claire et plus authentique qu’à l’origine.
De la gueule
Les proportions élancées mêlées à un réel dépouillement donnent à cette moto un aspect racé et très viril qui se confirme dès qu’on l’enfourche. Loin des canons habituels, la prise en mains surprend un peu. Moto large, guidon encore plus large et situé un peu en avant, la position de conduite se veut dynamique. Le moteur s’ébroue, incline la moto sur son axe par la force de son couple de renversement, qu’on retrouve aussi sur les flats BMW. Les commandes tombent bien sous la main, la position offerte paraît finalement assez naturelle et l’on prend plaisir à mener cette Guzzi, qui se montre à l’aise en toutes circonstances et sur tous les terrains.